Renouvelable et locale, la géothermie est une solution fiable et durable pour produire de la chaleur ou de l’eau chaude. Elle garantit un apport en énergie constant tout au long de l’année. Accessible aux entreprises artisanales propriétaire de leur terrain ou bénéficiant de l’accord du propriétaire, cette technologie permet de renforcer l’autonomie énergétique, de réduire les coûts, de limiter le recours aux énergies fossiles et d’améliorer son bilan carbone.
La géothermie dans les entreprises : ses utilisations, ses atouts et ses limites
La géothermie consiste à exploiter la chaleur naturellement stockée dans le sous-sol de la Terre. Selon la profondeur à laquelle on puise cette énergie, il est possible d’utiliser la chaleur du sol ou des nappes d’eau souterraines pour chauffer et rafraîchir des bâtiments et ainsi produire de l’eau chaude sanitaire. On distingue principalement la géothermie profonde et la géothermie proche de la surface (inférieur à 400 m). La seconde est celle utilisée en général dans les entreprises / bâtiments. Cette énergie renouvelable repose sur un principe simple : capter la chaleur présente sous nos pieds et la transférer, par ex. : via une pompe à chaleur ou un échangeur thermique, vers les installations de l’entreprise.
Comment une installation géothermique se présente-t-elle ?
La géothermie repose sur le transfert de chaleur du sous-sol vers un bâtiment, grâce à un système de captage et de restitution. Selon la profondeur et la température des ressources, plusieurs procédés existent :
- Captage horizontal : des tuyaux sont enterrés à faible profondeur (1 à 2 mètres). Ils recueillent la chaleur du sol, relativement stable toute l’année (8 à 12 °C). C’est une solution adaptée aux terrains avec une surface disponible importante.
- Captage vertical : des sondes géothermiques sont forées jusqu’à 100 à 200 mètres de profondeur. Elles extraient la chaleur d’un sol plus constant et performant, avec une empreinte au sol limitée.
- Captage sur nappe phréatique : l’eau souterraine, naturellement tempérée, est pompée puis passe dans un échangeur thermique qui transfère sa chaleur avant d’être réinjectée dans la nappe.
Dans tous les cas, la chaleur collectée est transmise à une pompe à chaleur géothermique, qui permet de produire une énergie utile aux besoins de l’entreprise.
Le système offre un rendement élevé de l’ordre de 4 kWh de chaleur restituée pour 1 kWh d’électricité consommée en fonction du niveau de la température de la source et du circuit de chauffage, ce qui en fait une solution particulièrement efficace pour les artisans qui cherchent à réduire leurs coûts énergétiques.
L’Administration de la gestion de l’eau a publié en 2025 le Guide sur la Géothermie de faible énergie au Luxembourg.
Les atouts et limites de la géothermie
La géothermie présente de nombreux atouts pour les entreprises artisanales. Le principal est que cette énergie renouvelable est disponible en continu. Elle ne dépend ni de l’ensoleillement ni des conditions climatiques. En combinaison avec une pompe à chaleur, cette dernière peut être utilisée avec une meilleure efficacité, par ex. : une pompe à chaleur travaillant avec l’air ambiant comme source de chaleur.
La géothermie permet non seulement de produire de la chaleur, mais aussi de rafraîchir des locaux de manière « passive ». En été, on peut utiliser directement la température naturellement basse du sous-sol pour refroidir les locaux. Ce processus permet de recharger le sol en chaleur, ce qui améliore ensuite le rendement du système géothermique pour le chauffage en hiver.
Le principal frein à l’adoption de la géothermie réside dans l’investissement initial, qui reste élevé (système d’exploitation dans le sol : sonde, pompe à chaleur…) et dont le retour sur investissement se fait sur le long terme.
La mise en place d’un projet géothermique pour un bâtiment fonctionnel ou une entreprise exige une étude approfondie de faisabilité technique et géologique, incluant sondages, démarches et demandes d’autorisations administratives. L’espace disponible peut également constituer une contrainte, notamment pour les forages horizontaux ou verticaux qui nécessitent une configuration adaptée au terrain.
Au Luxembourg, à l’aide du Géoportail, il est possible de vérifier si une installation géothermique est faisable et peut être autorisée sur un terrain.
Pourquoi la géothermie est-elle intéressante pour mon entreprise ?
Economie et sécurité financière.
En exploitant la chaleur du sous-sol, la géothermie permet de couvrir une large part des besoins thermiques d’un bâtiment et de réduire considérablement la facture énergétique. Les coûts liés à son fonctionnement sont stables et prévisibles, ce qui protège l’entreprise contre la volatilité des prix du gaz ou de l’électricité.
Réduction de l’empreinte carbone.
Puisqu’elle puise une énergie renouvelable et locale, la géothermie limite fortement les émissions de CO₂ et s’inscrit pleinement dans les objectifs de transition énergétique, renforçant ainsi la durabilité des activités artisanales.
Amélioration du confort des équipes.
Le même système assure le chauffage en hiver et le rafraîchissement en été, garantissant un climat intérieur agréable tout au long de l’année, que ce soit dans un atelier, un bureau ou un espace de production.
Engagement responsable.
La mise en œuvre d’une installation géothermique illustre la volonté de l’entreprise de s’investir dans une stratégie respectueuse de l’environnement, tout en renforçant son image auprès de ses clients et partenaires.
Un apport énergétique complémentaire.
La technologie s’adapte aussi bien aux projets de construction qu’aux rénovations, et peut être combinée à d’autres énergies renouvelables, comme le solaire thermique ou le photovoltaïque, afin d’augmenter l’autonomie énergétique et de diversifier les sources d’approvisionnement durable.
Des eaux chaudes dans le sous-sol luxembourgeois profond.
Afin d’évaluer le potentiel géothermique du Grand-Duché, des études géologiques ont été menées par l’Etat. Celles-ci ont notamment permis d’identifier la présence d'eaux souterraines chaudes à des profondeurs situées entre 750 et 2.200 mètres. Les prévisions actuelles prévoient ainsi des températures situées respectivement de 40 à 70 degrés. Ces eaux constituent de potentiels réservoirs géothermiques d’intérêt.
Les principales étapes liées à l’adoption de la géothermie en entreprise
Vous envisagez de recourir à la géothermie dans le cadre de votre activité artisanale ? Contactez la Chambre des Métiers avant d’entamer des démarches. Vous pourriez bénéficier d’aides étatiques qui doivent absolument être demandées avant de signer un bon de commande ou bien de payer un acompte !
- État des lieux et étude préliminaire
- Analyse de vos besoins en énergie (chaleur et froid) et du système de chauffage/refroidissement existant ou prévu.
- Analyse du potentiel et de la faisabilité (technique et autorisations) pour réaliser un système géothermique avec l’aide d’une entreprise spécialisée ou d’un expert.
- Demande d’offres
- Identification de la solution et vérification de la faisabilité du projet de mise en œuvre d’une installation géothermique en vue d’obtenir des offres.
- Evaluation des exigences et coûts d’entretien.
Évaluation du retour sur investissement
La durée d’amortissement est le délai nécessaire pour que les économies d’énergie compensent le coût initial de l’investissement.
- Formule : Durée d’amortissement (années) = Coût initial / Économies annuelles
Le retour sur investissement (ROI) mesure la rentabilité d’un projet en comparant les bénéfices réalisés aux coûts initiaux.
- Formule : ROI (%) = [(Bénéfices nets – Coûts initiaux) / Coûts initiaux] × 100
- Demande d’aides et financements
Identification des aides financières éligibles. Vous devez impérativement déposer les demandes correspondantes avant de signer un contrat ou de verser un acompte. - Planification, mise en œuvre et réglages
- Planification de détail et demande des autorisations pour l’installation et la construction de l’installation.
- Établir un planning du projet et planifiez bien les travaux et interventions.
- Réalisation des forages, installation des équipements et mise en service.
- Prévoyez une période de mise en service pour faire les ajustements nécessaires, les réglages du système.
- Formation des équipes aux nouvelles habitudes et mesures de sécurité à adopter.
- Suivi et entretien
- Vérification régulière de la performance de la pompe à chaleur, des températures de la géothermie et du système de distribution de chaleur.
De quelles aides puis-je bénéficier pour mettre en œuvre une installation géothermique ?
L’Etat luxembourgeois propose des aides financières pour soutenir l’adoption d’installation géothermique au niveau des entreprises.
Aides
Objet
Les entreprises qui réalisent des projets pour réduire leur impact environnemental ou intégrer des technologies durables peuvent bénéficier d’une aide à l’investissement sous le régime réformé de la protection de l'environnement et de la décarbonation.
Bénéficiaires
Toutes les entreprises :
- disposant des autorisations requises pour l’exercice de leurs activités ; et
- qui sont régulièrement établies sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg ; et
- qui réalisent des projets liés à la protection de l’environnement ou du climat.
Conditions
Les conditions générales en matière d'aides d'Etat relatives à un régime d'aide à la protection de l'environnement peuvent être trouvé sous le lien suivant :
Conditions générales - aide à la protection de l'environnement
Types d'investissements éligibles
Le régime d’aide couvre plusieurs types d’investissements et services liés à la protection de l’environnement et du climat :
- investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation : projets qui permettent de dépasser les normes environnementales ou d’anticiper des normes futures et qui incluent des technologies bas carbone, infrastructures dédiées pour l’hydrogène, chaleur résiduelle ou CO₂, ainsi que le captage et transport de CO₂ ;
- acquisition ou transformation de véhicules routiers à émission nulle : achat, location ou conversion de véhicules utilitaires légers ou lourds pour atteindre zéro émission ;
- mesures qui promouvent l’efficacité énergétique hors bâtiments : investissements qui réduisent la consommation d’énergie finale d’au moins 20 % ou 250 MWh/an, hors équipements fossiles ;
- production d’énergie renouvelable, hydrogène renouvelable et cogénération à haut rendement : projets liés à la production, au stockage et au transport d’énergies renouvelables, y compris biogaz et cogénération performante ;
- réseaux de chaleur ou de froid efficaces : construction, extension ou modernisation de réseaux qui utilise majoritairement des énergies renouvelables ou de la chaleur fatale ;
- utilisation efficace des ressources et économie circulaire : projets qui visent à réduire la consommation de ressources, remplacer des matières premières par des matières secondaires, ou améliorer le recyclage et la réutilisation des déchets ;
- infrastructures énergétiques : construction ou modernisation d’infrastructures pour l’électricité, l’hydrogène ou la chaleur, qui excluent le stockage de gaz ou d’électricité ;
- études et services de conseil liés à la protection de l’environnement et à l’énergie : audits énergétiques, études de faisabilité et conseils techniques pour préparer des projets éligibles.
Montants
Le tableau ci-dessous résume les montants d’aides maximales de tous les régimes d’aides exprimés en pourcentage des coûts admissibles pour les demandes simples ou les appels à projets. Chaque ligne représente un régime ou une mesure d’aide spécifique.
| Petite entreprise | Moyenne entreprise | Grande entreprise | |
|
Investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation (1) |
25% - 35% | 20% - 30% | 15% - 25% |
| Acquisition ou transformation de véhicules routiers à émission nulle (2) |
60% | 50% | |
| Mesures qui promouvent l’efficacité énergétique hors bâtiments (1) |
25% | 20% | 15% |
| Production d’énergie renouvelable, hydrogène renouvelable et cogénération à haut rendement (3) |
50% - 65% | 40% - 55% | 30% - 45% |
| Réseaux de chaleur ou de froid efficaces (1) |
100% du déficit de financement | 100% du déficit de financement | 100% du déficit de financement |
| Utilisation efficace des ressources et économie circulaire (1) |
60% | 50% | 40% |
| Infrastructures énergétiques (4) |
100% du déficit de financement | 100% du déficit de financement | 100% du déficit de financement |
| Études et services de conseil liés à la protection de l’environnement et à l’énergie (3) |
80% | 70% | 60% |
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(1) Procédure de demande simple réservée aux PME pour les aides inférieures à 100.000 euros. Dans les autres cas, l’aide est octroyée par appel à projets. |
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Procédures d’octroi des aides
Selon la nature et l’ampleur des projets, les aides peuvent être octroyées selon 3 procédures distinctes : la demande simple, l’appel à projets et la mise en concurrence.
La demande simple
La demande simple permet d’obtenir une aide sans appel à projets ni mise en concurrence, dans un cadre simplifié.
Cette procédure est réservée aux petites et moyennes entreprises (PME) et n’est possible que pour des projets de faible envergure.
Elle s’applique lorsque le montant de l’aide demandée est inférieur ou égal à 100 000 euros.
La demande est examinée individuellement par l’autorité compétente, sur base des conditions légales et techniques applicables, sans comparaison avec d’autres projets.
L’objectif de cette procédure est de faciliter et d’accélérer l’accès aux aides pour les projets limités en taille et en budget.
L'appel à projets
L’appel à projets est une procédure par laquelle l’autorité compétente invite les entreprises à soumettre des projets qui répondent à une thématique ou à des objectifs précis, définis à l’avance.
Les aides sont octroyées selon le principe du "premier arrivé, premier servi", à condition que le projet soit conforme aux critères définis par la loi.
Les demandes recevables sont traitées dans l’ordre de leur dépôt, jusqu’à épuisement du budget alloué à l’appel à projets.
Une fois le budget entièrement consommé, aucune nouvelle aide ne peut être accordée dans le cadre de cet appel, même si les projets remplissent toutes les conditions.
Les appels à projets suivants sont ouverts du 3 août 2026 au 31 décembre 2026 :
| Type d'aide | Budget |
| Investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation | 6 millions d'euros |
| Mesures qui promeuvent l’efficacité énergétique hors bâtiments | 6 millions d'euros |
| Réseaux de chaleur ou de froid efficaces | 6 millions d'euros |
| Utilisation efficace des ressources et économie circulaire | 6 millions d'euros |
La mise en concurrence
La mise en concurrence est une procédure utilisée principalement pour les projets de plus grande envergure ou lorsque le nombre de demandes est susceptible de dépasser le budget disponible.
Dans ce cadre, les projets sont évalués et classés sur la base d’un critère de sélection unique, défini à l’avance par l’autorité compétente.
Ce critère correspond au rapport entre l’aide demandée et l’impact environnemental du projet.
Concrètement, les projets sont comparés selon le montant d’aide nécessaire pour atteindre une unité d’impact environnemental donnée (par exemple une réduction d’émissions ou un gain énergétique).
Les projets qui présentent le meilleur rapport aide / impact sont sélectionnés en priorité.
Les aides sont attribuées dans l’ordre du classement, jusqu’à épuisement du budget disponible.
Cette procédure vise à garantir une utilisation efficiente et transparente des fonds publics, en maximisant l’impact environnemental par euro d’aide accordé.
Délais
La demande d’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement est à introduire à travers un assistant en ligne disponible sur MyGuichet.lu.
Les demandes d’aide doivent impérativement être soumises avant le début des travaux.
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Avant le début des travaux signifie avant :
L’achat de terrains et les préparatifs tels que l’obtention d’autorisations et la réalisation d’études de faisabilité ne sont pas considérés comme le début des travaux. Dans le cas des rachats, le début des travaux est le moment de l’acquisition des actifs directement liés à l’établissement acquis. |
Autorités compétentes et liens utiles
Luxinnovation - Service aides (Tél.: +352 43 62 63 1)
Démarche de demande d'aide (Guichet.lu)
Ministère de l'Économie (Service aides : Tél.: +352 247 74 704)
Catalogue des pièces jointes pour la démarche MECO : Demande d’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement et du climat (ENV)
Loi du 8 décembre 2025
Dernière mise à jour: 12 janvier 2026
Une entreprise porteuse d’un projet de transition écologique et énergétique peut bénéficier d’une bonification d’impôt.
Objet
Une entreprise porteuse d’un projet de transition écologique et énergétique peut bénéficier d’une bonification d’impôt. Cette bonification d’impôt est calculée en fonction des investissements et des dépenses d’exploitation effectués dans le cadre d’un projet de transition écologique et énergétique.
Bénéficiaires
Toute entreprise commerciale, industrielle, minière ou artisanale située au Grand-Duché de Luxembourg et qui effectue un investissement éligible.
Conditions
Les investissements et les dépenses d’exploitation doivent être effectués en raison d’un projet de transition écologique et énergétique de l’entreprise. La durée d’un tel projet ne peut pas excéder plus de 3 exercices d’exploitation consécutifs.
La transition écologique et énergétique consiste en "tout changement réduisant l’impact environnemental, dans la production ou la consommation de l’énergie ou l’utilisation des ressources, ledit changement devant être significatif et d'ordre technique ou matériel. Sont exclus de la présente définition la cessation de l'utilisation d'un procédé, le simple remplacement ou l'extension de l'équipement, les changements découlant uniquement de variations du prix des facteurs, les modifications saisonnières régulières et autres changements cycliques ainsi que le commerce de produits nouveaux ou sensiblement améliorés."
Coûts éligibles
La bonification d’impôt ne couvre que les investissements et les dépenses d’exploitation ci-après inhérents à la transition écologique et énergétique :
- les investissements en biens amortissables corporels autres que les bâtiments, le cheptel vif agricole et les gisements minéraux et fossiles ;
- les investissements en logiciels ou en brevets autres que ceux acquis d’une entreprise liée au sens de l’article 56 ;
- les dépenses faites pour l’usage ou la concession de l’usage de brevets ou de logiciels autres que ceux concédés par une entreprise liée au sens de l’article 56 ;
- les dépenses en services de conseil, de diagnostic et d’appui technique fournis par des prestataires extérieurs qui ne sont pas en rapport avec les dépenses de fonctionnement normales de l'entreprise, telles que les services réguliers de conseil fiscal ou juridique, ou la publicité ;
- les dépenses de personnel directement affecté à la transformation digitale ou à la transition écologique et énergétique de l’entreprise ;
- les dépenses en formation du personnel directement affecté à la transformation digitale ou à la transition écologique et énergétique de l’entreprise.
Objectifs à atteindre
Les investissements et dépenses d’exploitation effectués dans le cadre d’un projet de transition écologique et énergétique doivent répondrent à l’un des objectifs suivants :
- améliorer de manière significative l’efficacité énergétique d’un procédé de production de l’entreprise de façon à économiser au moins 20 % de la quantité d’énergie utilisée, déterminée par rapport à la performance énergétique moyenne dudit procédé durant une période de référence de 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
- décarboner de manière significative un procédé de production de l’entreprise de manière à réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre, déterminées par rapport aux émissions moyennes produites dudit procédé durant une période de référence des 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
- produire ou stocker de l’énergie produite à partir de sources non fossiles renouvelables de manière à assurer les besoins énergétiques de l’entreprise par l’autoconsommation. Par énergie produite à partir de sources non fossiles renouvelables, on entend l'énergie éolienne, l'énergie solaire thermique et photovoltaïque, l’énergie géothermique, l'énergie ambiante, l'énergie marémotrice, houlomotrice et d'autres énergies marines, l'énergie hydroélectrique, la biomasse, les gaz de décharge, les gaz des stations d'épuration d'eaux usées, le biogaz, ainsi que l’hydrogène renouvelable et ses dérivés renouvelables ;
- réduire la pollution de l’air du site de production de l’entreprise au-delà des limites des émissions des polluants visés par le règlement grand-ducal du 27 juin 2018 concernant la réduction des émissions nationales de certains polluants atmosphériques et le règlement grand-ducal modifié du 30 mai 2005 portant application de la directive 2004/107/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 décembre 2004 concernant l'arsenic, le cadmium, le mercure, le nickel et les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans l'air ambiant. Le potentiel de réduction des émissions de l’activité économique est déterminé par rapport aux émissions moyennes dudit site de production durant une période de référence des 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
- améliorer de manière significative l’efficacité matières d’un procédé de production de l’entreprise de manière à réduire l’utilisation des matières premières primaires d’au moins 15 % ou à remplacer des matières premières primaires par au moins 20 % par des sous-produits ou des matières premières secondaires. L’amélioration de l’efficacité matières est déterminée par rapport à la consommation moyenne des matières premières primaires dudit procédé durant une période de référence des 5 derniers exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
- mettre en œuvre un procédé de production permettant de prolonger l’utilisation des produits par leur réemploi.
Montant
Le taux de la bonification d’impôt s’élève à 18 % pour les investissements et les dépenses d’exploitation, à l’exception des investissements amortissables corporels. Ces derniers se verront appliquer un taux de 6 %, et ce, en complément du taux de 12 % applicable pour la bonification d’impôt pour investissement global. De la sorte, les investissements amortissables corporels auront également droit à un taux de 18 %.
Modalités pratiques et délais
Système d'attestation d'éligibilité et de certification
Pour faire valoir une bonification d’impôt en raison d’un projet de transition écologique et énergétique, l’entreprise devra présenter, avec sa déclaration d’impôt sur le revenu, un certificat attestant la réalité et le niveau des investissements et des dépenses d’exploitation effectués au cours d’un exercice d’exploitation.
L’octroi de ce certificat est toutefois subordonné à l’obtention d’une "attestation d’éligibilité" délivrée par le ministère de l’Économie.
Demande d’une "attestation d'éligibilité"
La demande en obtention d’une attestation d’éligibilité est à adresser au ministère de l’Économie sur base d’une demande faite en ligne via MyGuichet.lu ou via l'application mobile MyGuichet.lu. Il s'agit d'une démarche avec authentification.
Délai de réponse de l’administration
La décision ministérielle portant octroi ou refus de l’attestation d’éligibilité intervient dans les meilleurs délais et au plus tard endéans 3 mois à compter de la réception d’une demande complète.
Demande d’un "certificat"
Pour chaque exercice d’exploitation au titre duquel des investissements et/ou des dépenses d’exploitation ont été effectués, un certificat est délivré par le Ministère de l’Économie sur demande de l’entreprise. La demande en obtention du certificat est à adresser au Ministère de l’Économie.
Sous peine de déchéance, la demande, appuyée par des pièces justificatives, doit être introduite au plus tard dans les 2 mois qui suivent la clôture de l’exercice d’exploitation pendant lequel les investissements et/ou les dépenses d’exploitation ont été effectués.
Après vérification de la demande, le ministère délivre le certificat dans ses meilleurs délais et au plus tard dans les 9 mois qui suivent la clôture de l’exercice d’exploitation pendant lequel les investissements ou les dépenses d’exploitation ont été effectués.
Peuvent uniquement faire l’objet du certificat les investissements et les dépenses d’exploitation effectués après l’introduction de la demande en obtention de l’attestation d’éligibilité.
Pour faire valoir une telle bonification d’impôt, l’entreprise devra présenter, avec sa déclaration d’impôt sur le revenu, le certificat délivré par le Ministère de l'Économie attestant la réalité des investissements et des dépenses d’exploitation effectués au cours d’un exercice d’exploitation (applicable pour la première fois pour l’exercice d’exploitation 2024).
Autorités compétentes et liens utiles
La demande d’aide est à adresser à l’Administration des Contributions Directes (le formulaire deviendra disponible en 2025).
Formulaire de demande d'attestation d'éligibilité (MyGuichet)
FAQ - Bonification d'impôt pour investissement
Un incitatif fiscal au service de la transformation digitale et environnementale de votre entreprise : la nouvelle bonification d'impôt pour investissement
Dernière mise à jour: 26 mars 2025
Fit 4 Sustainability aide les entreprises à évaluer et à réduire leur impact environnemental afin de diminuer leurs coûts, améliorer leur réputation et gagner de nouveaux clients qui valorisent une approche axée sur le développement durable.
Fit4Sustainability vous aide à :
- Réduire votre empreinte carbone en optimisant votre utilisation de l’énergie et en optant pour des sources d’énergie renouvelables
- Diminuer votre consommation et votre pollution de l’eau
- Stimuler la prise de conscience des opportunités offertes par l’économie du partage
- Donner à vos produits un cycle de vie circulaire qui se traduit par la quasi-absence de déchets
Le programme Fit4Sustainability comprend :
- 1 étude pour évaluer l’impact environnemental
- 1 plan d’action avec des recommandations sur les investissements et les améliorations
- 70% de cofinancement (petites entreprises), 60% (moyennes entreprises) ou 50% (grandes entreprises)
Autorités compétentes et liens
Luxinnovation
Chambre des Métiers :
Dernière mise à jour : 1 septembre 2026
- Différents programmes de soutien des fournisseurs d’électricité, comme le programme enoprimes sont cumulables avec les aides étatiques.
- Découvrez également notre brochure reprenant les aides étatiques pour la mise en œuvre de mesures de décarbonation.
Un accompagnement pour passer à l’action
Au Luxembourg, plusieurs outils / points de contact existent pour aider les entreprises dans la démarche de décarbonation, pour le financement des projets, équipements ou diagnostics énergétiques.
La Chambre des Métiers peut vous orienter vers :
- les subventions pour l’utilisation des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, notamment à travers le programme Klimaprogramm Handwierk, une initiative de la Chambre des Métiers (partenaire du programme KlimaPakt fir Betriber) qui fournit des informations générales pour la décarbonation des entreprises ;
- les programmes de conseil technique et d’audit (experts et conseillers) ;
- les formations et évènements d’informations pour vos équipes.
Via l’outil mis en ligne par le KlimaPakt fir Betriber , vous pouvez découvrir les mesures existantes pour vous accompagner (cocher « artisanat » dans la colonne de gauche). Vous pouvez également vous inspirer des cas pratiques mis à votre disposition.https://luxinnovation.lu/fr-lu/resources/cartographie-ecosysteme-facilitateurs-durabilite-luxembourg
Luxinnovation accompagne les entreprises dans le cadre de l’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement, ainsi que dans des projets de recherche et développement. Découvrez également le mapping des acteurs de la durabilité développé par Luxinnovation : une cartographie de l’écosystème des facilitateurs de la durabilité au Luxembourg.
N’hésitez pas à contacter le service eHandwierk / nos conseillers de la Chambre des Métiers [CDM - Sustainable Handwierk Home / Lien approprié] pour connaître les dispositifs les mieux adaptés à votre activité.
Défis et développements futurs liés à la géothermie
La géothermie reste encore peu développée au Luxembourg, en raison des coûts initiaux importants, de la complexité des démarches administratives et des restrictions de forage liées à la protection des eaux souterraines. Le zonage géothermique limite les possibilités de forage dans les zones densément peuplées ou dans les zones de protection de l’eau potable. Toutefois, les progrès technologiques, la baisse progressive des prix des pompes à chaleur, l’évolution des techniques de forage améliorent son attractivité.
Des projets pilotes montrent que des solutions existent, même en zone densément peuplées, grâce à des sondes verticales compactes ou des pieux énergétiques intégrés aux fondations. Des campagnes sismiques ont révélé un potentiel géothermique prometteur dans le sud du pays, notamment à Dudelange, avec des eaux souterraines atteignant jusqu’à 86°C à 2 200 mètres de profondeur.
Le projet « Strassen 2030 » illustre l’intégration de la géothermie dans des quartiers mixtes, avec une planification environnementale rigoureuse.
Le projet « Rout Lëns » à Esch-sur-Alzette pose les bases d’un nouveau système fonctionnant à partir d’un réseau froid (grâce à des sondes géothermiques) en combinaison avec des pompes à chaleur et l’utilisation des installations photovoltaïques.