Le chauffage des bâtiments représente la grande majorité de la consommation d’énergie en Europe et dans le monde. Les réseaux de chaleur jouent un rôle central dans la transition énergétique en facilitant l’intégration de sources d’énergie renouvelable ou de récupération. Ils assurent une fourniture de chaleur stable et optimisée, tout en favorisant la coopération entre acteurs publics et privés autour des objectifs de décarbonation.

Quand chauffage et eau chaude sont distribués collectivement

Un réseau de chaleur permet de fournir le chauffage collectif et l’eau chaude sanitaire à plusieurs entités. Concrètement, une chaufferie centrale produit, puis distribue de la chaleur à un ensemble de bâtiments, voire à des quartiers entiers dans le cas d’un chauffage urbain, à travers un système de canalisations sous-terraines. Si elle est basée sur les énergies renouvelables (par ex. : biomasse ou géothermie), il s’agit d’une solution écologique qui bénéficie à tous les usagers du réseau. L’énergie de départ peut également provenir de la récupération de chaleur (par ex. : process industriel, usine de traitement de déchets, data center).

Chaque bâtiment raccordé à un réseau de chaleur possède une station de transfert (un échangeur de chaleur) et un compteur, ce qui permet de mesurer précisément la consommation et de responsabiliser chaque utilisateur vis-à-vis de sa consommation énergétique.
La gestion de ce type d’installations peut être assurée par des institutions publiques, comme des communes, ou par des opérateurs privés.

Les atouts et les limites des réseaux de chaleur

Pour les entreprises qui décident de se raccorder à un réseau de chaleur, les économies réalisables annuellement peuvent être évaluées en fonction des besoins en chauffage en eau chaude sanitaire, selon les caractéristiques du bâtiment et des performances du système de chauffage actuel.

De manière globale, les réseaux de chaleur urbains qui fonctionnent grâce à des énergies renouvelables permettent d’éviter l’émission de milliers de tonnes de CO2. Cela s’explique par le fait qu’ils remplacent de nombreuses installations individuelles, souvent fossiles, par une production centralisée plus efficace, capable d’intégrer plus facilement des sources renouvelables ou de récupération.

Toutefois, le raccordement à un site existant demande des travaux importants qui dépendent de facteurs divers comme la situation du bâtiment par rapport au réseau actuel ou encore le type de chauffage en place actuellement. Il faudra notamment réaliser des percements de routes et de trottoirs et prévoir l’installation de la station de transfert. Cette dernière va venir se substituer à la chaudière en place, qui peut être enlevée, ce qui représente un gain de place non négligeable.

En quoi se raccorder à un réseau de chaleur est pertinent pour mon entreprise ?

Les réseaux de chaleur peuvent tout à fait répondre aux besoins en chauffage, eau sanitaire et même en froid des entreprises artisanales. Un bon exemple, au Luxembourg, est celui de l’Automobility Incubator à Bissen. Le bâtiment qui l’abrite mise sur plusieurs solutions pour réduire son empreinte carbone : panneaux photovoltaïques, récupération des eaux de pluie, isolation performante, mais aussi un raccordement au réseau de chaleur Kiowatt qui garantit un approvisionnement en énergie 100% renouvelable.

Au Luxembourg, Kiowatt est spécialisé dans la trigénération biomasse de grande capacité, produisant et distribuant électricité, chaleur et froid. Parmi ses activités, l’entreprise alimente un réseau de chaleur desservant la zone artisanale et commerciale Klengbousbierg, le Luxembourg Automobility Campus ainsi que les bâtiments communaux de Bissen. Grâce à l’utilisation d’une ressource renouvelable – des pellets fabriqués à partir de sciures de bois issu de nos régions - ce système contribue à une réduction significative des émissions de CO2.

Les avantages d’un raccordement à un réseau de chaleur

Un réseau de chaleur qui puise son énergie dans des sources renouvelables apporte de nombreux avantages pour les entreprises qui s’y raccordent :

  • Économique : le raccordement à un réseau de chaleur permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles et d’éviter les fluctuations importantes de leurs prix, offrant une meilleure stabilité des coûts. De plus, en l’absence de cheminée ou de chaudière, les coûts d’entretien sont minimisés. Les coûts d’installation ou de remplacement des équipements sont également économisés. En outre, les économies d’échelle permettent de profiter de prix inférieurs à celui des vecteurs classiques.
  • Écologique : si la chaleur fournie provient en partie ou totalement de ressources renouvelables, cela contribue à diminuer significativement les émissions de CO2 des entreprises raccordées.
  • Énergie locale : en choisissant un réseau de chaleur, l’entreprise soutient la production énergétique locale, favorisant les circuits courts et le développement régional.
  • Stabilité : les évolutions technologiques ou les améliorations des performances se font directement au niveau de la centrale de production, sans nécessiter de modifications dans les installations des entreprises raccordées.

Plan d’action pour se raccorder à un réseau de chaleur

Contactez la Chambre des Métiers avant d’entamer des démarches pour votre projet de raccordement à un réseau de chaleur dans le cadre de votre activité professionnelle. Vous pourriez bénéficier d’aides étatiques qui doivent absolument être demandées avant de signer un bon de commande ou bien de payer un acompte !

  1. État des lieux
  • Analyse de vos besoins en énergie (chauffage et eau chaude sanitaire) et du système de chauffage existant.
  • Analyse du potentiel et de la faisabilité (technique et autorisations) pour raccordement à un réseau de chaleur.
  1. Demande d’offres
  • Vérification de la faisabilité du projet.
  • Evaluation des exigences, des contraintes, des conditions de raccordements, et des frais à prévoir.
  1. Évaluation du retour sur investissement

La durée d’amortissement est le délai nécessaire pour que les économies d’énergie compensent le coût initial de l’investissement.

Formule : Durée d’amortissement (années) = Coût initial / Économies annuelles

Le retour sur investissement (ROI) mesure la rentabilité d’un projet en comparant les bénéfices réalisés aux coûts initiaux.

Formule : ROI (%) = [(Bénéfices nets – Coûts initiaux) / Coûts initiaux] × 100

  1. Demande d’aides et financements

Identification des aides financières éligibles. Vous devez impérativement déposer les demandes correspondantes avant de signer un contrat ou de verser un acompte.

  1. Planification et mise en œuvre
  • Réalisation du raccordement au réseau de chauffage urbain.
  • Montage et raccordement de la station de transfert de chaleur.
  • Raccordement et transformations éventuelles par l’entreprise ou son installateur de son installation de distribution de chauffage (circuit secondaire) à la station de transfert.
  • Introduction d’une demande de mise en service par l’entreprise ou son installateur.
  • Mise en service.
  1. Suivi et entretien

Nettoyage et vérification des échangeurs / équipements pour maintenir un haut rendement et faire un monitoring régulier des installations.

Exemples d’entreprises luxembourgeoises qui ont opté pour un raccordement à un réseau de chaleur

Le bâtiment ECCO à la Cloche d’Or à Luxembourg abrite une centrale de chauffage urbain et un poste de transformation haute tension pour alimenter en chaleur (incinération de déchets) et en électricité les deux quartiers en devenir (le Ban de Gasperich et la Cloche d’Or).

Plus d’infos ici.

La centrale d’énergie au Kirchberg qui produisait, dès sa mise en service en 2001, de la chaleur grâce au gaz naturel, a subi deux phases de transformation, pour aboutir à un meilleur bilan carbone. Aujourd’hui, l’approvisionnement en chaleur du Kirchberg est couvert à plus de 90 % par des énergies renouvelables, ce qui représente 37.000 tonnes de CO2 économisées chaque année, en comparaison avec la situation de départ.

Plus d’infos ici.

De quelles aides puis-je bénéficier pour ma raccorder à un réseau de chaleur ?

L’État luxembourgeois propose des aides financières afin d’encourager le raccordement à un réseau de chaleur.

Aides

Objet

Les entreprises qui réalisent des projets pour réduire leur impact environnemental ou intégrer des technologies durables peuvent bénéficier d’une aide à l’investissement sous le régime réformé de la protection de l'environnement et de la décarbonation.

Bénéficiaires

Toutes les entreprises :

  • disposant des autorisations requises pour l’exercice de leurs activités ; et
  • qui sont régulièrement établies sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg ; et
  • qui réalisent des projets liés à la protection de l’environnement ou du climat.

Conditions

Les conditions générales en matière d'aides d'Etat relatives à un régime d'aide à la protection de l'environnement peuvent être trouvé sous le lien suivant :

Conditions générales - aide à la protection de l'environnement

Types d'investissements éligibles

Le régime d’aide couvre plusieurs types d’investissements et services liés à la protection de l’environnement et du climat :

  • investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation : projets qui permettent de dépasser les normes environnementales ou d’anticiper des normes futures et qui incluent des technologies bas carbone, infrastructures dédiées pour l’hydrogène, chaleur résiduelle ou CO₂, ainsi que le captage et transport de CO₂ ;
  • acquisition ou transformation de véhicules routiers à émission nulle : achat, location ou conversion de véhicules utilitaires légers ou lourds pour atteindre zéro émission ;
  • mesures qui promouvent l’efficacité énergétique hors bâtiments : investissements qui réduisent la consommation d’énergie finale d’au moins 20 % ou 250 MWh/an, hors équipements fossiles ;
  • production d’énergie renouvelable, hydrogène renouvelable et cogénération à haut rendement : projets liés à la production, au stockage et au transport d’énergies renouvelables, y compris biogaz et cogénération performante ;
  • réseaux de chaleur ou de froid efficaces : construction, extension ou modernisation de réseaux qui utilise majoritairement des énergies renouvelables ou de la chaleur fatale ;
  • utilisation efficace des ressources et économie circulaire : projets qui visent à réduire la consommation de ressources, remplacer des matières premières par des matières secondaires, ou améliorer le recyclage et la réutilisation des déchets ;
  • infrastructures énergétiques : construction ou modernisation d’infrastructures pour l’électricité, l’hydrogène ou la chaleur, qui excluent le stockage de gaz ou d’électricité ;
  • études et services de conseil liés à la protection de l’environnement et à l’énergie : audits énergétiques, études de faisabilité et conseils techniques pour préparer des projets éligibles.

Montants

Le tableau ci-dessous résume les montants d’aides maximales de tous les régimes d’aides exprimés en pourcentage des coûts admissibles pour les demandes simples ou les appels à projets. Chaque ligne représente un régime ou une mesure d’aide spécifique.

  Petite entreprise Moyenne entreprise Grande entreprise

Investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation (1)

25% - 35% 20% - 30% 15% - 25%
Acquisition ou transformation de véhicules routiers à émission nulle (2)
60% 50%   
Mesures qui promouvent l’efficacité énergétique hors bâtiments (1)
25% 20% 15%
Production d’énergie renouvelable, hydrogène renouvelable et cogénération à haut rendement (3)
50% - 65% 40% - 55% 30% - 45%
Réseaux de chaleur ou de froid efficaces (1)
100% du déficit de financement 100% du déficit de financement 100% du déficit de financement
Utilisation efficace des ressources et économie circulaire (1)
60% 50% 40%
Infrastructures énergétiques (4)
100% du déficit de financement 100% du déficit de financement 100% du déficit de financement
Études et services de conseil liés à la protection de l’environnement et à l’énergie (3)
80% 70% 60%

(1) Procédure de demande simple réservée aux PME pour les aides inférieures à 100.000 euros. Dans les autres cas, l’aide est octroyée par appel à projets.
(2) Procédure de demande simple réservée aux PME, limitée à une aide qui porte sur au maximum 5 véhicules routiers par entreprise et qui n’excède pas 300.000 euros par entreprise. Dans les autres cas, l’aide est octroyée par procédure de mise en concurrence.
(3) Procédure de demande simple ouverte aux PME et aux grandes entreprises.
(4) Aide octroyée uniquement par appel à projets.

Procédures d’octroi des aides

Selon la nature et l’ampleur des projets, les aides peuvent être octroyées selon 3 procédures distinctes : la demande simple, l’appel à projets et la mise en concurrence.

La demande simple

La demande simple permet d’obtenir une aide sans appel à projets ni mise en concurrence, dans un cadre simplifié.

Cette procédure est réservée aux petites et moyennes entreprises (PME) et n’est possible que pour des projets de faible envergure.

Elle s’applique lorsque le montant de l’aide demandée est inférieur ou égal à 100 000 euros.

La demande est examinée individuellement par l’autorité compétente, sur base des conditions légales et techniques applicables, sans comparaison avec d’autres projets.

L’objectif de cette procédure est de faciliter et d’accélérer l’accès aux aides pour les projets limités en taille et en budget.

L'appel à projets

L’appel à projets est une procédure par laquelle l’autorité compétente invite les entreprises à soumettre des projets qui répondent à une thématique ou à des objectifs précis, définis à l’avance.

Les aides sont octroyées selon le principe du "premier arrivé, premier servi", à condition que le projet soit conforme aux critères définis par la loi.

Les demandes recevables sont traitées dans l’ordre de leur dépôt, jusqu’à épuisement du budget alloué à l’appel à projets.

Une fois le budget entièrement consommé, aucune nouvelle aide ne peut être accordée dans le cadre de cet appel, même si les projets remplissent toutes les conditions.

Les appels à projets suivants sont ouverts du 3 août 2026 au 31 décembre 2026 :

Type d'aide Budget
Investissements en faveur de la protection de l’environnement et de la décarbonation 6 millions d'euros
Mesures qui promeuvent l’efficacité énergétique hors bâtiments 6 millions d'euros
Réseaux de chaleur ou de froid efficaces 6 millions d'euros
Utilisation efficace des ressources et économie circulaire 6 millions d'euros

La mise en concurrence

La mise en concurrence est une procédure utilisée principalement pour les projets de plus grande envergure ou lorsque le nombre de demandes est susceptible de dépasser le budget disponible.

Dans ce cadre, les projets sont évalués et classés sur la base d’un critère de sélection unique, défini à l’avance par l’autorité compétente.

Ce critère correspond au rapport entre l’aide demandée et l’impact environnemental du projet.

Concrètement, les projets sont comparés selon le montant d’aide nécessaire pour atteindre une unité d’impact environnemental donnée (par exemple une réduction d’émissions ou un gain énergétique).

Les projets qui présentent le meilleur rapport aide / impact sont sélectionnés en priorité.

Les aides sont attribuées dans l’ordre du classement, jusqu’à épuisement du budget disponible.

Cette procédure vise à garantir une utilisation efficiente et transparente des fonds publics, en maximisant l’impact environnemental par euro d’aide accordé.

Délais

La demande d’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement est à introduire à travers un assistant en ligne disponible sur MyGuichet.lu.

Les demandes d’aide doivent impérativement être soumises avant le début des travaux.

Avant le début des travaux signifie avant :

  • le début des travaux de construction liés à l’investissement ;
  • le premier engagement juridiquement contraignant de commande d’équipement ou tout autre engagement qui rend l’investissement irréversible.

L’achat de terrains et les préparatifs tels que l’obtention d’autorisations et la réalisation d’études de faisabilité ne sont pas considérés comme le début des travaux.

Dans le cas des rachats, le début des travaux est le moment de l’acquisition des actifs directement liés à l’établissement acquis.

Autorités compétentes et liens utiles

Luxinnovation - Service aides (Tél.: +352 43 62 63 1)

Démarche de demande d'aide (Guichet.lu)

Ministère de l'Économie (Service aides : Tél.: +352 247 74 704)

Catalogue des pièces jointes pour la démarche MECO : Demande d’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement et du climat (ENV)

Loi du 8 décembre 2025

Dernière mise à jour: 12 janvier 2026

Une entreprise porteuse d’un projet de transition écologique et énergétique peut bénéficier d’une bonification d’impôt.

Objet

Une entreprise porteuse d’un projet de transition écologique et énergétique peut bénéficier d’une bonification d’impôt. Cette bonification d’impôt est calculée en fonction des investissements et des dépenses d’exploitation effectués dans le cadre d’un projet de transition écologique et énergétique.

Bénéficiaires

Toute entreprise commerciale, industrielle, minière ou artisanale située au Grand-Duché de Luxembourg et qui effectue un investissement éligible.

Conditions

Les investissements et les dépenses d’exploitation doivent être effectués en raison d’un projet de transition écologique et énergétique de l’entreprise. La durée d’un tel projet ne peut pas excéder plus de 3 exercices d’exploitation consécutifs.

La transition écologique et énergétique consiste en "tout changement réduisant l’impact environnemental, dans la production ou la consommation de l’énergie ou l’utilisation des ressources, ledit changement devant être significatif et d'ordre technique ou matériel. Sont exclus de la présente définition la cessation de l'utilisation d'un procédé, le simple remplacement ou l'extension de l'équipement, les changements découlant uniquement de variations du prix des facteurs, les modifications saisonnières régulières et autres changements cycliques ainsi que le commerce de produits nouveaux ou sensiblement améliorés."

Coûts éligibles

La bonification d’impôt ne couvre que les investissements et les dépenses d’exploitation ci-après inhérents à la transition écologique et énergétique :

  • les investissements en biens amortissables corporels autres que les bâtiments, le cheptel vif agricole et les gisements minéraux et fossiles ;
  • les investissements en logiciels ou en brevets autres que ceux acquis d’une entreprise liée au sens de l’article 56 ;
  • les dépenses faites pour l’usage ou la concession de l’usage de brevets ou de logiciels autres que ceux concédés par une entreprise liée au sens de l’article 56 ;
  • les dépenses en services de conseil, de diagnostic et d’appui technique fournis par des prestataires extérieurs qui ne sont pas en rapport avec les dépenses de fonctionnement normales de l'entreprise, telles que les services réguliers de conseil fiscal ou juridique, ou la publicité ;
  • les dépenses de personnel directement affecté à la transformation digitale ou à la transition écologique et énergétique de l’entreprise ;
  • les dépenses en formation du personnel directement affecté à la transformation digitale ou à la transition écologique et énergétique de l’entreprise.

Objectifs à atteindre

Les investissements et dépenses d’exploitation effectués dans le cadre d’un projet de transition écologique et énergétique doivent répondrent à l’un des objectifs suivants :

  • améliorer de manière significative l’efficacité énergétique d’un procédé de production de l’entreprise de façon à économiser au moins 20 % de la quantité d’énergie utilisée, déterminée par rapport à la performance énergétique moyenne dudit procédé durant une période de référence de 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
  • décarboner de manière significative un procédé de production de l’entreprise de manière à réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre, déterminées par rapport aux émissions moyennes produites dudit procédé durant une période de référence des 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
  • produire ou stocker de l’énergie produite à partir de sources non fossiles renouvelables de manière à assurer les besoins énergétiques de l’entreprise par l’autoconsommation. Par énergie produite à partir de sources non fossiles renouvelables, on entend l'énergie éolienne, l'énergie solaire thermique et photovoltaïque, l’énergie géothermique, l'énergie ambiante, l'énergie marémotrice, houlomotrice et d'autres énergies marines, l'énergie hydroélectrique, la biomasse, les gaz de décharge, les gaz des stations d'épuration d'eaux usées, le biogaz, ainsi que l’hydrogène renouvelable et ses dérivés renouvelables ;
  • réduire la pollution de l’air du site de production de l’entreprise au-delà des limites des émissions des polluants visés par le règlement grand-ducal du 27 juin 2018 concernant la réduction des émissions nationales de certains polluants atmosphériques et le règlement grand-ducal modifié du 30 mai 2005 portant application de la directive 2004/107/CE du Parlement européen et du Conseil du 15 décembre 2004 concernant l'arsenic, le cadmium, le mercure, le nickel et les hydrocarbures aromatiques polycycliques dans l'air ambiant. Le potentiel de réduction des émissions de l’activité économique est déterminé par rapport aux émissions moyennes dudit site de production durant une période de référence des 5 exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
  • améliorer de manière significative l’efficacité matières d’un procédé de production de l’entreprise de manière à réduire l’utilisation des matières premières primaires d’au moins 15 % ou à remplacer des matières premières primaires par au moins 20 % par des sous-produits ou des matières premières secondaires. L’amélioration de l’efficacité matières est déterminée par rapport à la consommation moyenne des matières premières primaires dudit procédé durant une période de référence des 5 derniers exercices d’exploitation précédant celui du début de la transition écologique et énergétique ;
  • mettre en œuvre un procédé de production permettant de prolonger l’utilisation des produits par leur réemploi.

Montant

Le taux de la bonification d’impôt s’élève à 18 % pour les investissements et les dépenses d’exploitation, à l’exception des investissements amortissables corporels. Ces derniers se verront appliquer un taux de 6 %, et ce, en complément du taux de 12 % applicable pour la bonification d’impôt pour investissement global. De la sorte, les investissements amortissables corporels auront également droit à un taux de 18 %.

Modalités pratiques et délais

Système d'attestation d'éligibilité et de certification

Pour faire valoir une bonification d’impôt en raison d’un projet de transition écologique et énergétique, l’entreprise devra présenter, avec sa déclaration d’impôt sur le revenu, un certificat attestant la réalité et le niveau des investissements et des dépenses d’exploitation effectués au cours d’un exercice d’exploitation.

L’octroi de ce certificat est toutefois subordonné à l’obtention d’une "attestation d’éligibilité" délivrée par le ministère de l’Économie.

Demande d’une "attestation d'éligibilité"

La demande en obtention d’une attestation d’éligibilité est à adresser au ministère de l’Économie sur base d’une demande faite en ligne via MyGuichet.lu ou via l'application mobile MyGuichet.lu. Il s'agit d'une démarche avec authentification.

Délai de réponse de l’administration

La décision ministérielle portant octroi ou refus de l’attestation d’éligibilité intervient dans les meilleurs délais et au plus tard endéans 3 mois à compter de la réception d’une demande complète.

Demande d’un "certificat"

Pour chaque exercice d’exploitation au titre duquel des investissements et/ou des dépenses d’exploitation ont été effectués, un certificat est délivré par le Ministère de l’Économie sur demande de l’entreprise. La demande en obtention du certificat est à adresser au Ministère de l’Économie.

Sous peine de déchéance, la demande, appuyée par des pièces justificatives, doit être introduite au plus tard dans les 2 mois qui suivent la clôture de l’exercice d’exploitation pendant lequel les investissements et/ou les dépenses d’exploitation ont été effectués.

Après vérification de la demande, le ministère délivre le certificat dans ses meilleurs délais et au plus tard dans les 9 mois qui suivent la clôture de l’exercice d’exploitation pendant lequel les investissements ou les dépenses d’exploitation ont été effectués.

Peuvent uniquement faire l’objet du certificat les investissements et les dépenses d’exploitation effectués après l’introduction de la demande en obtention de l’attestation d’éligibilité.

Pour faire valoir une telle bonification d’impôt, l’entreprise devra présenter, avec sa déclaration d’impôt sur le revenu, le certificat délivré par le Ministère de l'Économie attestant la réalité des investissements et des dépenses d’exploitation effectués au cours d’un exercice d’exploitation (applicable pour la première fois pour l’exercice d’exploitation 2024).

Autorités compétentes et liens utiles

La demande d’aide est à adresser à l’Administration des Contributions Directes (le formulaire deviendra disponible en 2025).

Formulaire de demande d'attestation d'éligibilité (MyGuichet)

FAQ - Bonification d'impôt pour investissement

Un incitatif fiscal au service de la transformation digitale et environnementale de votre entreprise : la nouvelle bonification d'impôt pour investissement

Dernière mise à jour: 26 mars 2025

Fit 4 Sustainability aide les entreprises à évaluer et à réduire leur impact environnemental afin de diminuer leurs coûts, améliorer leur réputation et gagner de nouveaux clients qui valorisent une approche axée sur le développement durable.

Fit4Sustainability vous aide à :

  • Réduire votre empreinte carbone en optimisant votre utilisation de l’énergie et en optant pour des sources d’énergie renouvelables
  • Diminuer votre consommation et votre pollution de l’eau
  • Stimuler la prise de conscience des opportunités offertes par l’économie du partage
  • Donner à vos produits un cycle de vie circulaire qui se traduit par la quasi-absence de déchets

Le programme Fit4Sustainability comprend :

  • 1 étude pour évaluer l’impact environnemental
  • 1 plan d’action avec des recommandations sur les investissements et les améliorations
  • 70% de cofinancement (petites entreprises), 60% (moyennes entreprises) ou 50% (grandes entreprises)

Autorités compétentes et liens

Luxinnovation

Chambre des Métiers : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Dernière mise à jour : 1 septembre 2026

  • Différents programmes de soutien des fournisseurs d’électricité, comme le programme enoprimes sont cumulables avec les aides étatiques.
  • Découvrez également notre brochure reprenant les aides étatiques pour la mise en œuvre de mesures de décarbonation.

Un accompagnement pour passer à l’action

Au Luxembourg, plusieurs outils / points de contact existent pour aider les entreprises dans la démarche de décarbonation, pour le financement des projets, équipements ou diagnostics énergétiques.

La Chambre des Métiers peut vous orienter vers :

  • les subventions pour l’utilisation des énergies renouvelables, notamment à travers le programme Klimaprogramm Handwierk, une initiative de la Chambre des Métiers (partenaire du programme KlimaPakt fir Betriber) qui fournit des informations générales pour la décarbonation des entreprises ;
  • les programmes de conseil technique et d’audit (experts et conseillers) ;
  • les formations et évènements d’informations pour vos équipes.

Via l’outil mis en ligne par le KlimaPakt fir Betriber, vous pouvez découvrir les mesures existantes pour vous accompagner (cocher « artisanat » et dans la colonne de gauche). Vous pouvez également vous inspirer des cas pratiques mis à votre disposition.

Luxinnovation accompagne les entreprises dans le cadre de l’aide à l’investissement en faveur de la protection de l’environnement, et concernant les appels d’offre (par ex. : photovoltaïque, électro-mobilité) ainsi que dans des projets de recherche et développement. Découvrez également le mapping des acteurs de la durabilité développé par Luxinnovation : une cartographie de l’écosystème des facilitateurs de la durabilité au Luxembourg.

N’hésitez pas à contacter le service eHandwierk / nos conseillers de la Chambre des Métiers [CDM - Sustainable Handwierk Home / Lien approprié] pour connaître les dispositifs les mieux adaptés à votre activité.

Défis et développements futurs

Dans le plan national intégré en matière d'énergie et de climat du Luxembourg (PNEC), le gouvernement encourage l’extension des réseaux de chauffage urbain et le développement des raccordements individuels. La création d’une société nationale chargée de la propriété, la construction et l’exploitation de tels réseaux est actuellement à l'étude.

Sur le plan économique, la rentabilité d’un réseau de chauffage urbain dépend largement du nombre de raccordements. Or, ceux-ci se réalisent le plus souvent au moment du remplacement des systèmes de chauffage individuels, et non lors de la mise en place du réseau. Pour les entreprises artisanales, l'option du raccordement à un réseau de chaleur est donc plutôt pertinente lorsqu’un réseau est disponible à proximité.