Notification auprès d’une Chambre des Métiers en France

Concernant certaines professions, une entreprise artisanale établie hors de France et qui souhaite y réaliser une prestation de service temporaire et occasionnelle doit introduire une notification préalable à sa première prestation dans l’Hexagone.

Les professions concernées par cette obligation relèvent des domaines suivants :

  • l’entretien et la réparation de véhicules et de machines, à l’exclusion des cycles 
  • la mise en place, l’entretien et la réparation des réseaux et équipements utilisant les fluides, ainsi que des matériels et équipements destinés à l’alimentation en gaz, au chauffage des immeubles et aux installations électriques 
  • le ramonage 
  • la réalisation de prothèses dentaires

Cette notification doit être adressée à une Chambre des Métiers et de l’Artisanat française.

Trouver une Chambre des Métiers en France

 

Une autorisation spécifique pour l’électricité, le gaz et / ou l’eau

Les entreprises qui souhaitent raccorder des installations électriques au réseau d'alimentation électrique ou réaliser des installations de gaz en France doivent également obtenir un certificat de conformité. Le CONSUEL régional compétent est chargé de délivrer les certificats de conformité dans le domaine des installations électriques. De plus amples informations à ce sujet sont disponibles en ligne à l'adresse suivante : 

CONSUEL

Le certificat de conformité pour les installations de gaz est délivré par Qualigaz ainsi que par d'autres entreprises de distribution. Des informations à ce sujet sont disponibles en ligne à l'adresse suivante :

QUALIGAZ

 

Assurances nécessaires

Il est conseillé de s’interroger sur les garanties et assurances à potentiellement fournir lors d’une activité à l’étranger. Celles-ci peuvent différer de celles qui sont nécessaires au Luxembourg et ne sont pas forcément valables à l’étranger. Il est donc important de se renseigner auprès de son assureur au Luxembourg.

La garantie de parfait achèvement

Les personnes intervenant dans la construction d’un immeuble doivent notamment fournir la garantie de parfait achèvement. Cette dernière concerne la réparation de tous les désagréments signalés par le maître d’ouvrage lors de la réception de l’immeuble (réserves émises dans le procès-verbal de réception) ou après celle-ci (via une notification écrite).

Le délai de parfait achèvement court à partir de la réception. Il est donc important de  provoquer cette dernière, judiciairement si besoin, lorsque l’un des intervenants s’y oppose. Le maître d’ouvrage (personne pour qui est réalisé le projet) peut effectuer une retenue de garantie de 5 % du montant du marché pour s’assurer de la réalisation des travaux liés à la garantie de parfait achèvement. Il ne peut toutefois conserver cette retenue. En effet, le montant est soit consigné chez un tiers soit levé sur présentation d’une caution équivalente par le constructeur. 

Attention : si l’entrepreneur ne réalise pas les travaux rectificatifs, le maître d’ouvrage peut faire exécuter ces travaux par une autre entreprise aux frais de l’entrepreneur défaillant, après une mise en demeure.

La garantie de bon fonctionnement (biennale)

Le Code civil prévoit que les éléments d’équipement faisant indissociablement corps avec un ouvrage font l’objet d’une garantie de bon fonctionnement de deux ans. Ces éléments désignent par exemple les radiateurs, fenêtres, portes, persiennes, volets, robinets, chaudières, appareils électriques et la robinetterie. Les peintures, n’ayant qu’un rôle esthétique, sont donc exclues.

La garantie de solidité (décennale)

La garantie décennale (garantie obligatoire d’une durée de 10 ans) concerne les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à son usage final. Ces dommages désignent par exemple les problèmes de fissures affectant le gros oeuvre, l’embouage des vitres créant un obstacle à la vue et à la lumière et les dimensions trop étroites d’une rampe d’accès à un garage.

Cette garantie court à partir de la réception, mais ne couvre pas les dommages visibles lors de cette dernière. En effet, ces dommages sont couverts par la garantie de parfait achèvement, valable l’année suivant la réception.

 

Demander un numéro de TVA en France

L’entreprise luxembourgeoise qui exécute une prestation pour le compte d’un non-assujetti à la TVA en France, est tenue de faire la demande d’un numéro de TVA en France.

L’entreprise luxembourgeoise qui exécute une prestation pour le compte d’un assujetti français à la TVA (p.ex. sous-traitance), peut établir ses factures sans TVA et n’est pas obligée d’introduire une demande de numéro de TVA en France. Dans ce cas, l’entreprise doit obligatoirement mentionner sur la facture ce qui suit : «AUTOLIQUIDATION de la TVA par le preneur».

CONTACT Demande de N° de TVA:

Service des impôts des entreprises étrangères (SIEE)
10, rue du Centre
TSA 20011
F - 93465 Noisy-le-Grand Cedex
Tel.: 0033/ 1/ 72.95.20.31
E-Mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Internet: https://www.impots.gouv.fr/portail/professionnel/les-entreprises-etrangeres

 

Taux de TVA en France:

Taux TVA normal Taux TVA réduit Taux TVA fortement réduit
20% 10% 5.5%

Le taux normal de la TVA française est de 20 %. Un taux réduit de 10 % s'applique pour les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d'entretien. Pour les travaux de rénovation ou d'amélioration de la performance énergétique, un taux fortement réduit de 5,5 % peut être appliqué sous certaines conditions.

Plus d'informations sur les différents taux de TVA en France

 

Détacher ses salariés

Les entreprises luxembourgeoises détachant du personnel en France sont éventuellement tenues de déclarer le détachement de chaque travailleur auprès des autorités françaises. Cette déclaration doit être transmise avant le début des travaux auprès de l’Inspection du travail du lieu de la prestation via le portail SIPSI. En principe, seuls les travailleurs salariés entrent dans le champ d’application de la directive sur le détachement des travailleurs.

Certaines activités ne sont pas soumises à l’obligation de déclaration :

  • Missions sans lien contractuel avec un tiers
  • Missions de sportifs et de membres d'équipes accompagnatrices, d'artistes, de scientifiques, de représentants officiels et d'apprentis dans le cadre de formations transfrontalières

Attention : même pour les activités non soumises à déclaration, le certificat A1 doit être présenté et les conditions de travail et d'emploi françaises applicables s'appliquent, dont le respect peut être contrôlé par les autorités françaises. Les infractions sont passibles d'amendes.

Personne de contact

Une personne de contact doit être mentionnée dans la déclaration SIPSI. Cette dernière fera le point de liaison entre les autorités françaises et l’entreprise luxembourgeoise en cas de contrôle. Cette personne devra également être en possession des documents nécessaires, dont une attestation médicale pour chaque employé et une autorisation d’exercer les métiers.

Il n'y a pas de condition particulière quant à la qualité du représentant : Il peut s'agir de toute personne en capacité d'assurer cette mission (présenter les documents et communiquer avec les agents de contrôle). Sous ces conditions, cela peut être le client ou éventuellement un des salariés détachés (la personne doit être aisément joignable par mail ou téléphone).

L'employeur ou son représentant a l'obligation de conserver et de présenter à l'inspection du travail sans délai les documents listés ci-après comportant des informations relatives aux salariés détachés.

Quelle que soit la durée du détachement, doit être conservé : 

  • Tout document attestant du paiement effectif de la rémunération 
  • Un relevé d'heures indiquant le début, la fin et la durée du temps de travail journalier de chaque salarié 
  • Le document attestant d'un examen médical « équivalent » dans le pays d'origine 
  • Le cas échéant, l'autorisation de travail permettant au salarié ressortissant d'un État tiers d'exercer une activité en France

ET

Pour une durée du détachement supérieure ou égale à un mois : les bulletins de paie de chaque salarié détaché ou tout document équivalent attestant de la rémunération et qui comporte les mentions suivantes :

  • Rémunération
  • Période et horaires de travail auxquels se rapporte le salaire en distinguant les heures payées au taux normal et celles comportant une majoration 
  • Congés et jours fériés, et éléments de rémunération s'y rapportant 
  • Conditions d'assujettissement aux caisses de congés et intempéries, le cas échéant 
  • S'il y a lieu, l'intitulé de la convention collective de branche applicable au salarié

OU

Pour une durée du détachement inférieure à un mois : tout document qui apporte la preuve du respect de la rémunération minimale.

Déclaration de détachement via SIPSI

Pour plus d'informations

 

Carte BTP - Une réglementation spécifique pour le secteur du bâtiment

Une fois la déclaration de détachement introduite, l’employeur qui détache des travailleurs doit, avant le début des travaux, demander une carte d’identification professionnelle des salariés du bâtiment et des travaux publics (BTP). Cette carte concerne aussi bien les travailleurs détachés que les travailleurs locaux et contient des informations sur ces derniers ainsi que sur l’employeur et le donneur d’ordre. Le travailleur doit toujours avoir cette carte en sa possession lorsqu’il se trouve sur le chantier et être en mesure de la présenter à l’Inspection du travail en cas de contrôle.

Demander une carte BTP

 

Sécurité sociale - Certificat de détachement A1

Avant de commencer la prestation sur place, il faut se préoccuper du détachement des salariés désignés pour aller à l’étranger. 

Par détachement, nous entendons le fait pour une entreprise ayant son siège dans un État membre de l’Union européenne de détacher un travailleur à titre temporaire, pour son compte et sous sa direction, sur le territoire d’un autre État membre. Ce détachement s’opère dans le cadre d’un contrat conclu entre l’entreprise détachante et le destinataire de la prestation de service exerçant dans ce second État membre, à condition qu’il existe une relation de travail liant cette entreprise et le travailleur durant la période de détachement.

L’employeur peut détacher un salarié dans un autre État membre de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou en Suisse, à plusieurs conditions :

  • le salarié est employé au Grand-Duché pour le compte d’un employeur qui y exerce normalement ses activités substantielles. C’est-à-dire, les activités autres que celles de pure administration interne 
  • le salarié est détaché par cet employeur sur le territoire d’un autre État membre afin d’y effectuer un travail pour le compte de ce dernier 
  • la durée prévisible du travail n’excède pas 24 mois 
  • le salarié ne doit pas être envoyé à l’étranger afin de remplacer une autre personne 
  • le salarié est affilié au CCSS (Centre Commun de la Sécurité Sociale) depuis au moins 1 mois avant son détachement

Si toutes les conditions pour le maintien de l’affiliation à la sécurité sociale luxembourgeoise durant le détachement sont remplies, il faut faire la demande d’attestation A1 au Centre Commun de la Sécurité Sociale (CCSS) pour les travailleurs se rendant dans un autre pays. Il est important que les travailleurs possèdent cette attestation lorsqu’ils sont à l’étranger. Cette attestation certifie que le salarié reste soumis à la sécurité sociale luxembourgeoise tout au long de la période d’activité professionnelle exercée en dehors du territoire luxembourgeois.

Le travailleur exerçant une activité salariée dans deux ou plusieurs États membres est soumis à la législation de l’État membre de résidence s’il y exerce une partie substantielle de son activité. L’activité d’une personne ne doit pas être considérée comme substantielle si le temps de travail et / ou la rémunération dans l’État membre concerné représentent moins de 25 % de la totalité du temps de travail et / ou de la rémunération de ce travailleur.

Demander un certificat A1 à la CCSS

 

Quelles conditions minimales de travail sont à respecter?

Lorsque des collaborateurs sont détachés en France, les dispositions applicables sont les dispositions du droit du travail et les prescriptions en matière de rémunération en vigueur en France, y compris les dispositions des conventions collectives déclarées d'application générale en France. Le principe dit « de faveur » s'applique ici, c'est-à-dire que les dispositions françaises ne s'appliquent que si les dispositions du contrat de travail luxembourgeois ne prévoient pas de conditions plus favorables. Les conventions collectives déclarées d'application générale en France s'appliquent également aux entreprises luxembourgeoises détachant des travailleurs, même si celles-ci ne sont pas soumises à une convention collective au Luxembourg.

Durée de travail

Selon le Code du travail français, la durée quotidienne du travail est de 8 heures et la durée hebdomadaire de 35 heures. Après 6 heures, le salarié a droit à une pause d'au moins 20 minutes. La durée maximale légale du travail en France est de 10 heures par jour et de 48 heures par semaine, ou de 44 heures par semaine au maximum pendant 12 semaines consécutives. Selon le Code du travail, les heures supplémentaires doivent être compensées comme suit : majoration de 25 % pour les 1ère à 8ème heures supplémentaires (36ème à 43ème heure travaillée par semaine) et majoration de 50 % pour toutes les heures supplémentaires (à partir de la 44ème heure travaillée par semaine). Les conventions collectives ou les accords d'entreprise peuvent prévoir une compensation en temps à la place de la majoration pour heures supplémentaires : 1ère à 8ème heure supplémentaire : 1,25 heure et à partir de la 9ème heure supplémentaire : 1,5 heure. La compensation en temps doit être accordée dans les deux mois suivant la réalisation des heures supplémentaires. Les conventions collectives peuvent prévoir des dispositions différentes de celles du code du travail en matière de temps de travail et de compensation des heures supplémentaires, du travail le dimanche, les jours fériés ou même du travail de rattrapage.

Salaire minimum

Le salaire minimum légal (SMIC) en France est de 11,88€/heure au 1er janvier 2025 et de 1.801,80€/mois sur la base d'une semaine de 35 heures. Les jeunes de moins de 18 ans ayant moins de six mois d'expérience professionnelle perçoivent 90 % du SMIC, les jeunes de moins de 17 ans ayant moins de six mois d'expérience professionnelle perçoivent 80 % du SMIC.

Conventions collectives françaises

Salaire minimum légal - SMIC

 

Jours fériés légaux en France:

Jour de l'An / 1er janvier  
Vendredi Saint Alsace-Moselle
Lundi de Pâques  
Fête du travail / 1er mai   
Victoire 1945 / 8 mai  
Ascension  
Lundi de Pentecôte  
Fête Nationale / 14 juillet  
Assomption  
Toussaint  
Armistice 1918 / 11 novembre  
1er Jour de Noël / 24 décembre  
2nd Jour de Noel / 25 décembre Alsace Moselle

 

Impôts sur le revenu

Si, au cours d’une année civile, le nombre de jours où un salarié résidant au Luxembourg travaille pour son employeur luxembourgeois dans un pays autre que le Luxembourg est supérieur à 183 jours, il est redevable de l’impôt sur le revenu dans cet autre pays.

Attention : cette règle ne concerne pas les travailleurs frontaliers. Par exemple, si au cours d’une année civile, le nombre de jours où un employé résidant en France est détaché dans un autre pays est supérieur à 34, il doit déposer une déclaration fiscale en France.

 

Impôts sur les sociétés

En vertu d’une convention fiscale conclue entre le Grand-Duché et les trois pays de la Grande Région (sinon on peut penser qu’il s’agit d’un accord avec 4 parties), pour éviter les doubles impositions, l’entreprise luxembourgeoise peut rester redevable des impôts sur ses revenus au Luxembourg. Ces règles fiscales peuvent différer de pays en pays.

Par exemple, lorsque l’exécution d’un travail en France ne dépasse pas six mois (à savoir 183 jours, y compris les dimanches, jours de fête et congés), on considère que l’entreprise luxembourgeoise n’a pas d’établissement stable dans ces pays et reste donc redevable des impôts au Luxembourg. 

Si l’exécution d’un travail dépasse cette durée, l’entreprise est considérée comme ayant un établissement stable à l’étranger. Elle est alors redevable des impôts sur les bénéfices qu’elle a réalisés sur cet établissement dans le pays étranger.

Attention : ceci peut avoir une répercussion sur le statut des travailleurs.